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Publié le 6 avril 2009

Conte : Le bao, animal sacré chez les Kousseb-lê

Mais usant du surnaturel, il disparaissait du village puis réapparaissait quelques jours après, semant la peur. Le village était désespéré car sa progéniture mourait juste après avoir vu le jour. En effet, le sorcier, pour rester jeune, prenait par mysticisme la vitalité des nouveaux-nés et leur donnait la sienne. Les bébés qui naissaient avaient le visage vieilli comme s’ils avaient déjà vécu, puis mouraient. Les femmes refusaient de prendre une grossesse pour ne pas accoucher inutilement après avoir souffert neuf mois environ.

Entre temps, la femme du chef tomba enceinte. Tout le village se moqua car il voyait déjà que l’enfant ne survivra pas. Le chef garda espoir en veillant dans la prière. Il se privait parfois d’eau et de nourriture afin que ses peines soient récompensées par les ancêtres.

Le moment vint et la femme accoucha. Contrairement aux autres bébés qui naissaient veules et vieux, l’enfant du chef était sain. Jusqu’au soir, rien ne lui arriva. Et l’espoir renaît parmi les femmes.

Au coucher du soleil, un fait remarquable se produisit. Un énorme boa parut et rôdait autour de la case dans laquelle se trouvaient le bébé et sa mère.

Les vieux se consultèrent rapidement pour connaître la nature de l’animal qui n’était pas offensif. Il ressortit que le boa était un esprit venu pour protéger le bébé des maléfices et en même temps, les autres enfants qui naîtront.

Le bébé échappa aux griffes du sorcier qui avait tenté par tous les moyens de prendre son énergie.

En manque de « fortifiant humain », le sorcier perdit ses forces et on retrouva devant sa concession, un homme sans âge couché et incapable de bouger.

Dès lors, les kousseb-lê, ou habitants de « Dibog » considérèrent le boa comme leur sauveur et le classèrent sacré. N’ont-ils pas raison ? Un peuple sans enfants est un peuple voué à disparaître.

Aujourd’hui en voie de disparition, les totêms n’ont-ils pas eu leur importance dans nos sociétés traditionnelles africaines ? Pour leur conférer le respect dont ils ont droit, il est capital de remonter à la source afin de ne pas en faire des balivernes.