L’Assemblée générale du Réseau d’initiatives de journalistes se tiendra le 28 janvier 2017, à partir de 9 heures au Centre national de presse Norbert Zongo

Accueil > Actualité RIJ > Rubrique littéraire > Conte : La plus belle histoire du coq

Publié le 23 février 2009

Conte : La plus belle histoire du coq

Par Cyrille N. PODA

La plus belle histoire du coq

Il y a longtemps, très longtemps de cela. Les habitants de la brousse avaient été victimes d’un feu de brousse qui avait consumé tout sur son passage. Les survivants n’avaient plus rien à manger. Les uns étaient dévorés par des prédateurs et d’autres se donnaient la mort pour échapper à la famine.

Le coq, habitué à manger à tout moment était le plus malheureux. Dans son errance, en quête de nourriture, il s’effondra sur le sol et entra dans un sommeil profond. Là, il fit un rêve merveilleux. Il fut invité à un festin donné par le lion, roi de la brousse. Il porta ses plus beaux habits et se coiffa d’une chéchia rouge. Arrivé, il fut accueilli tel un prince. Un valet du roi vint prendre son cheval et un autre le conduisit dans la salle des festivités. Le sourire aux lèvres, le coq eut encore l’honneur d’être à la table du roi.

Quelle chance inespérée ! Pensa-t-il. Il y avait toute sorte de mets et de boissons fortes. Le coq se régala et arrosa le tout d’une boisson faite à base de mil germé.

Après le régal, le lion remercia les convives puis les congédia.
Le coq, sous l’effet de l’alcool, titubait. Il se dirigea vers son cheval et entreprit de bondir sur le dos de l’animal. Quelle ne fut pas sa stupéfaction !

Il se réveilla et trouva que ce n’était qu’un rêve. Déçu, il implora le ciel pour que ses rêves se réalisent la prochaine fois.

Il reprit son chemin à travers la brousse morte et s’assit plus tard sous un baobab. Il s’endormit et fit encore un rêve, un cauchemar. Un chasseur d’élite, accompagné d’une meute de chiens dressés pour la chasse étaient à ses trousses. Il courait, tombait puis se relevait, dévalait les côtes comme une patineuse. Mais il fut vite rattrapé par l’un des chiens qui avait bondi depuis une grande distance et enfoncé ses crocs dans ses côtes. Le chasseur s’approcha, le retira de la gueule de l’animal et le mit dans sa gibecière.

Le coq se réveilla brusquement comme s’il s’étouffait dans le sac. Voyant qu’il était vivant, il réfuta l’idée de voir les rêves se réaliser. Et soutenu par l’espoir de découvrir un monde sans faim, il se mit à siffloter joyeusement, oubliant la faim qui le hantait. Il préfère souffrir au lieu de mourir, surtout d’une manière horrible. Il s’exclama :

- Cocorico !
- Ce qui signifie : « je vis et je veux toujours vivre »

Depuis ce temps, dès que le jour s’annonce, il chante pour dire oui à la vie malgré ses bas.
- Cocorico.