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Publié le 8 novembre 2012

Forum Régional à Banfora

« Médias et acteurs locaux : quels rôles dans le développement de la région des cascades ? ». C’est sur ce thème que se sont construits les échanges interactifs entre les différents participants au forum. Après le mot de bienvenu du modérateur, la parole fût donnée au représentant du Coordonnateur du RIJ, Fernand Kalmogo, qui a présenté brièvement le RIJ comme une organisation de professionnels de médias œuvrant à la promotion de la profession du journalisme. Il a évoqué également l’objectif général du forum qui est de créer un cadre d’échanges et de partages pour les acteurs de la société civile, des médias et des autorités politiques. Et d’ajouter, « ce forum permettra d’échanger sur un thème en rapport avec les préoccupations des acteurs sociaux de Banfora ; d’inviter les acteurs de la société civile, des médias et toutes les autorités à réfléchir sur la stratégie de collaboration à adopter afin de favoriser le développement de leur localité ». Après son intervention, Abdoulaye Ouédraogo, représentant le Gouverneur de la région des Cascades, a prononcé le discours d’ouverture. Pour lui, « le choix des cascades pour abriter ce forum est un honneur fait à la province de la Comoé, et sonne comme un appel, voire une interpellation à toutes les filles et tous les fils de la région ». Il a poursuivi « Nous vivons dans un univers où vivre devient tout simplement communiquer, et sans doute, la communication devient l’élément essentiel qui conditionne le développement. » Le représentant du Gouverneur a surtout exhorté d’abord les journalistes à travailler efficacement, non pas seulement pour résoudre les conflits, mais aussi à œuvrer par la communication à instaurer la paix et la stabilité dans les sociétés. Il a ensuite invité les participants, à poser réellement les préoccupations qui entravent le développement de la région afin de trouver ensemble des pistes de solutions. A l’endroit du RIJ, il a souhaité qu’un mécanisme soit mis en place pour assurer le suivi des recommandations qui sortiront du forum afin de garantir leur mise en œuvre effective.

Le présidium composé des autorités administratives de la région et du Représentant du Coordonnateur du RIJ (1er à partir de la droite).

Deux communications pour introduire les débats

Pour introduire les échanges, les participants ont eu droit à deux communications de sous thèmes. Le premier sous thème sur « Le rôle de la communication dans le développement : le cas des médias locaux » a été développé par Frédéric Ouédraogo, journaliste aux Editions Sidwaya. Avant toute chose, le communicateur affirme que ce thème, à n’en pas douter permettra aux hommes de médias de la région des Cascades de mieux cerner leur rôle combien important dans le processus de développement. Il a ensuite axé son exposé sur l’aperçu du paysage médiatique de Banfora et, la contribution des médias locaux au développement.

Quant au premier point, il fait un état des lieux de la presse de Banfora sous ses différentes formes. Au niveau des radios, on en dénombre quatre privées dans la ville de Banfora dont deux confessionnelles (radio catholique terya et la radio de l’alliance chrétienne), une radio communautaire (Radio Munyu) et une radio commerciale (Radio Balafon). C’est en 1991 et à la faveur du retour à la vie constitutionnelle, que la première radio privée dans la région a vu le jour sous l’appellation de Horizon FM qui deviendra plus tard, Radio Cascades. A cette liste de radios, on peut noter la présence d’un correspondant RTB et bientôt ce paysage médiatique pourra être renforcé par la création d’une radio municipale, portée par la commune de Banfora. Au niveau de la presse écrite, avant l’arrivée des radios privées et des correspondants de presse écrite privée, l’animation de la vie médiatique était essentiellement assurée par le correspondant de l’Agence d’Information du Burkina (AIB). Le correspondant avait pour double mission d’animer le Carrefour Africain et d’envoyer des éléments à la radio nationale (TNB). Le quotidien Sidwaya verra plus tard le jour et sa fusion avec l’AIB donnera ensuite l’AIB/ Sidwaya. Au niveau des télévisions, en 2010, Banfora a accueilli sa première chaine de télé privée. Après quelques cinq mois d’émission, SMTV a suspendu ses émissions pour dit-on des problèmes techniques. Aux dernières nouvelles, la direction s’attèlerait à une reprise des émissions. Aussi, dans sa politique de décentralisation, la RTB travaille à mettre en place, une unité de production télévisuelle en partenariat avec le Conseil régional et la commune.

Quant à la contribution des médias locaux dans le développement, le journaliste note que les médias ont un rôle fondamental à jouer dans la promotion du développement durable et de la paix sociale dans la cité du paysan noir. A travers ses multiples productions, les radios et journaux participent non seulement à l’éveil des consciences mais aussi servent de canaux de sensibilisation sur bien de maux qui minent la société. Elles traitent des sujets liés aux problèmes qui touchent la vie quotidienne des populations. Lorsque l’on prend la grille des programmes de certaines radios, elle fait une place de choix aux questions de santé maternelle et infantile, au bien être de la femme, à la promotion du secteur informel, à la production agricole et la culture. Et les populations semblent y trouver leur compte. Le communicateur poursuit en notant que les correspondants de presse ne sont pas en reste. Du fait de sa position frontalière et de carrefour, la cité du paysan noir, abrite de plus en plus, des manifestations de portée nationale mobilisant du monde. L’information traitée par ceux-ci est de deux ordres. Il y a celle qu’on qualifie dans le jargon médiatique « d’institutionnelle ». Elle intègre la couverture médiatique des ateliers et séminaires de formation, des comptes rendus d’activités diverses des associations, des départements ministériels et des ONG. Il y a les articles d’information appelés « PIP » relatifs aux reportages. Ils portent sur les conflits fonciers très récurrents dans la région, les faits divers et de société (accidents de la circulation), les pesanteurs sociales (excision, abandon d’enfants, prostitution, mariages forcés etc.). C’est pour dire combien les médias jouent un rôle social très fondamental. Le communicateur a conclu son exposé en relevant surtout l’ancrage de la culture médiatique du fait que de plus en plus des citoyens n’hésitent pas à saisir un correspond pour se faire entendre.

Les participants posant en famille avec autorités, organisateurs et panélistes.

Le deuxième sous thème « Médias et acteurs locaux : quelles attentes ? » a été présenté par Mamoudou Traoré du quotidien d’information Le Pays. A cette question, on retient juste qu’entre médias et acteurs locaux, les attentes sont mutuelles. Les deux parties sont « un couple de force indissociable qui doit se découvrir davantage et améliorer les perceptions les uns envers les autres ».
Après les deux exposés, acteurs locaux et hommes de médias se lancent aux débats. De ces échanges fructueux, sont sorties des résolutions et des contributions pour un meilleur développement de la région des Cascades. A la fin, les participants ont exprimés des sentiments de satisfactions. Certains acteurs se sont dits « aguerris et confiants que leurs préoccupations seront prises en compte par les médias », véritables facteurs de consolidation des liens dans les sociétés.

Safia ZANGO
Secrétaire Administrative du RIJ