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Publié le 15 décembre 2011

Mission de suivi à Ouahigouya

La rencontre avec les confrères a débuté à 9h30, dans la salle de rédaction de la radio « La voix du paysan ». Par une coïncidence de calendrier, le Coordonnateur du RIJ Fabrice Yi-bour Bazié a pu prendre part à cette rencontre alors qu’il se trouvait à Ouahigouya dans le cadre d’une mission de son service. C’est Albert Ouédraogo qui est le premier à prendre la parole pour introduire auprès de ses confrères les missionnaires du RIJ.

Ensuite Boukari Ouoba a annoncé l’objet de cette rencontre. Il s’agissait d’une visite d’échanges confraternels sur les difficultés des confrères de Ouahigouya et les possibilités de collaboration et d’accompagnement du RIJ pour une organisation des journalistes au niveau local. Le doyen a spécifié qu’il n’était pas venu pour donner une communication et il a insisté sur l’échange. C’est pourquoi d’ailleurs après ces brefs préliminaires, il a souhaité que ce soit les confrères de Ouahigouya qui introduisent les échanges en décrivant les conditions d’exercice de leur profession et éventuellement les difficultés qu’ils rencontrent. C’est ainsi qu’il y a eu un premier tour de table où les confrères ont exposé leurs difficultés à savoir :

- des problèmes relatifs à l’accès à l’information ;

- la nécessité de mettre en place une organisation ;

- les problèmes de confraternité, « nous sommes victime de la camaraderie » disait un des leurs ;

- les besoins de formation en grand reportage, en journalisme d’investigation, en radio sur l’utilisation des logiciels de montage audio et audiovisuels,

- le manque de matériels de travail (dictaphone, appareil photo, ordinateurs, logi-ciels de montage), etc.

A tour de rôle, les visiteurs ont apporté des réponses aux préoccupations des confrères en partant d’abord d’un exposé sur ce qu’est le RIJ, son historique, ses activités, ses acquis, ses partenaires, etc. Puis sur les questions relatives aux difficultés d’exercice du métier, Fabrice Bazié et Ahmed Koné ont largement exposé sur les solutions envi-sageables. Pour ce qui est des formations, le coordonateur a rassuré que le RIJ a déjà programmé pour 2012 le suivi des formations en radios (utilisation des logiciels) à Ouahigouya, ces formations leur ayant été dispensées cette année 2011. Le Coordonnateur a également informé qu’une formation en journalisme d’investigation est programmée en 2012 à Ouagadougou et elle pourra être ouverte aux journalistes des pro-vinces notamment de Ouahigouya. Par contre il n’est pas prévu une formation en grand reportage. Tout comme les autres préoccupations qui ne pourront pas trouver de réponses dans le programme d’activités du RIJ en 2012, les confrères ont eu l’assurance que RIJ portera une attention sur ces questions dans les prochaines années.

La querelle autour des couvertures médiatiques

Alors que la rencontre tirait à sa fin, une préoccupation capitale a été posée par les confrères de Ouahigouya. Il s’agit de la gestion des invitations des couvertures médiatiques. L’organisation des couvertures médiatiques est une source de grandes dissen-sions entres les confrères. Le dernier cas en date, et cité en exemple par un confrère, a été la couverture médiatique du Festival Sport et Culture de Ouahigouya (FESCO) qui s’est déroulée du 27 au 29 octobre 2011. Cet événement a divisé les journalistes en deux camps : ceux qui étaient officiellement invités pour la couverture de l’événement et ceux qui n’avaient pas été invités. Après l’événement les deux camps se sont mutuellement accusés. Les seconds accusent les premiers d’avoir fait un traite-ment complaisant de la manifestation en faisant fi de la mauvaise organisation alors que les premiers rempochent aux autres d’avoir écrit sur la manifestation dans un esprit de sabotage. Selon les nombreuses interventions que nous avons enregistrées sur le sujet, on a pu noter les constats suivants : l’organisation de la couverture médiatique est souvent confiée par les organisateurs à un journaliste à qui ils demandent d’inviter un nombre strict d’organes de presse pour la couverture. Les choix du jour-naliste sont souvent jugés subjectifs et discriminatoires par ses confrères qui n’ont pas été invités à la couverture de l’événement.

Les propositions de solution

Pour résoudre ces problèmes la délégation du RIJ a proposé des solutions. Intervenant tour à tour, Ahmed Koné et Fabrice Bazié, ont exposé des situations similaires qu’ils ont eu à rencontrer et ont invité les confrères à plus de solidarité et de professionna-lisme dans le métier. C’est dans la solidarité qu’ils peuvent imposer aux organisateurs d’événements de prendre en compte tous les journalistes au lieu de faire des sélections qui ne sont pas toujours justifiées. Il a été également recommandé aux journalistes de faire preuves d’initiatives dans les sujets qu’ils traitent, ce qui les éviterait de se contenter des reportages commandés. Les confrères ont eux-mêmes dans leurs inter-ventions, proposé des pistes de solutions. Cependant c’est l’absence d’un cadre de rencontre qui ne leur permet pas souvent de communiquer et d’aplanir les divergen-ces. C’est pourquoi, séance tenante, certains ont plaidé pour la mise en place d’un tel cadre comme le RIJ le leur avait déjà suggéré il y a longtemps. Les concertations ont aboutit plutôt à la mise en place d’un comité qui va réfléchir sur la création d’une or-ganisation. Le comité de réflexion est composé comme il suit :

- Albert Ouédraogo correspondant Observateur Paalga ;

- Coulibaly Shérif, Voix du paysan ;

- Ganamé Pascal, SMTV ;

- Soro Kalizata, Voix du paysan.

Le comité a promis de tenir le RIJ informé de toutes les évolutions. Le RIJ leur a assuré de l’intérêt qu’il accorde aux journalistes de Ouahigouya et sa disponibilité à les accompagner pas seulement en termes de formations mais surtout en termes de meilleure organisation. La rencontre a pris fin autour de 14h. Des échanges se sont pour-suivis autour d’un repas convivial.

Le rapporteur

Boukari Ouoba