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Publié le 14 novembre 2011

Rapport de la formation des étudiants, promotion 2011

Cette initiation en journalisme des étudiants inscrits dans les filières de communication (et filières connexes) dans les instituts d’enseignement supérieur est inscrite dans le plan stratégique du RIJ qui prévoit entre autres le maintien de liens dynamiques entre les journalistes professionnels et les étudiants (potentiellement futurs journalistes) ainsi que leurs écoles de formation. Cette session de formation vise deux objectifs principaux :

- susciter la vocation et renforcer la conviction chez les étudiants qui voudraient devenir journalistes ;

- outiller en journalisme les étudiants qui souhaiteraient devenir communicateurs, et qui par conséquent seront amenés à entretenir des relations avec la presse.

La formation a concerné dix-sept (17) participants venus de plusieurs instituts, universités et écoles de formation supérieure de Ouagadougou (voir liste de présence en annexe). Elle a porté sur les modules suivants :

- Différences et nuances entre information et communication

- Généralités sur le journalisme : définition, histoire et principes

- Genres rédactionnels

- Processus de production de l’information dans deux organes de presse du Burkina : les exemples du quotidien Sidwaya et de la radio Savane FM.

Outre ces aspects théoriques, des exercices pratiques et des discussions avec les formateurs et des journalistes professionnels ont permis d’approfondir les connaissances des participants en journalisme. Les journalistes et formateurs Pauline Yaméogo (presse écrite) et SoumaïlaRabo (radio) ont assuré la formation.

Première journée (jeudi 28 octobre 2011 de 8h30 à 15h30)

Le premier jour de la formation a été consacré aux modules théoriques. Ainsi, sur le premier module concernant les différences entre l’information et la communication, Soumaïla Rabo est allé vite grâce à la méthode du brainstorming utilisée avec la forte participation des étudiants. Il en est ressorti que la plupart avait des notions mais de façon un peu diffuse. Un résumé sur les différences tranchées et les points de conjonction entre les deux (2) concepts a permis de faire la part des choses.

Le même formateur s’est ensuite appesanti sur la définition du journalisme (et des journalistes dans quelques pays), l’histoire du journalisme et ses principes.

Il a défini le journalisme comme l’activité qui consiste à collecter, à traiter, à commenter et à diffuser les informations. Le journaliste se définit comme celui qui pratique cette activité. Il a pris des exemples de pays comme la France, le Royaume-Uni, le Burkina Faso pour illustrer quelques différences dans la perception du journaliste. Il a aussi évoqué l’histoire du journalisme à travers la notion anthropologique du « besoin instinctif du savoir » qui amène chaque homme à s’intéresser à son environnement quel que soit l’époque et quelle que soit la société humaine. Cependant, il a situé au XVIIe siècle la naissance des premiers journaux manuscrits ou imprimés (avec l’exemple de la Gazette de Théophraste Renaudot en France en 1631).

La partie principes du journalisme a plutôt suscité quelques commentaires des participants et des formateurs. Soumaïla Rabo a résumé en neuf (9) points ces principes en excluant les notions d’impartialité, de neutralité et d’objectivité. Il a mis l’accent sur le respect de la vérité, l’intérêt du public, l’indépendance du journaliste, la vérification des informations…

Après cette première phase vraiment théorique, la formatrice Pauline Yaméogo a abordé le module sur les genres rédactionnels.
Elle a passé en revue les genres journalistiques d’information et de commentaire mais s’est appesantie sur les genres d’information : la brève, le filet, l’article, le reportage, le compte rendu, l’enrobé, l’interview…Elle a évoqué quelques genres rédactionnels propres à l’audiovisuel comme le magazine, le documentaire, la revue de la presse…

Mme Yaméogo, pour les besoins des travaux de groupes, a insisté sur les caractéristiques, les avantages et les contraintes du reportage. Elle a expliqué dans le reportage, « le reporter prête ses sens au public pour que ce dernier vive ce qu’il a vécu sur le terrain ». Autrement dit, le reportage fait voir, entendre, sentir, goûter, toucher… Il demande au reporter qu’il ait le sens de l’observation et de la description et une belle écriture.

Dans la deuxième partie de la journée, les deux (2) formateurs ont présenté tour à tour le processus de production de l’information dans leurs organes de presse respectifs, depuis la conférence de rédaction jusqu’à la diffusion de l’information en passant par les filtres hiérarchiques et les corrections.

Ils ont ensuite abordé le sujet sur l’analyse du paysage médiatique burkinabè. Soumaïla Rabo a fait un historique de la presse burkinabè en deux (2) phases : de 1960 à 1990 et de 1990 à nos jours avec, cependant, un retour dans la période coloniale où les journaux (ou feuilles) catholiques, syndicaux et estudiantin ont concurrencé « ce qui pouvait ressembler à des publications officielles ». Ce voisinage malsain a perduré jusqu’après l’indépendance et est revenu en force sous la évolution à cause de la caporalisation de la presse par les hommes en treillis.

Le formateur a présenté la première période comme celle du monopole et la deuxième période comme celle de la libéralisation avec, toutefois, cette nuance que le quotidien L’Observateur est né en 1973. L’histoire de la Radio Horizon FM aussi a été contée.

Pour sa part, la formatrice Pauline Yaméogo a eu des échanges fructueux avec les participants sur la perception qu’ils ont des avantages et des risques du journaliste. Au titre des avantages, les participants ont cité la notoriété, les voyages, les relations, etc. Au titre des risques, ils ont parlé de l’insécurité, de la précarité, de la mort social, etc.

Ces discussions ont mis fin à la première journée. Mais outre ces aspects théoriques, une partie de la journée a été consacrée à un exercice pratique de rédaction d’un reportage portant sur une image. La suite des travaux de groupes a été remise à la deuxième journée, ainsi que la restitution, les discussions et les corrections.

Deuxième journée (vendredi 29 octobre 2011 de 8h30 à 15h)

Le premier jour, trois (3) groupes de quatre (4) et un (1) groupe cinq (5) étudiants ont été formés pour les travaux de groupes. Ce travail a porté sur la rédaction d’un reportage sur la base d’une image présentant un car de transport en commun en mouvement. Avant même l’ouverture des travaux de l deuxième journée, certains groupes s’étaient déjà réunis matinalement pour poursuivre la réflexion de la veille, preuve de l’intérêt de la formation.
Mais la journée proprement dite a commencé avec les échanges entre les participants et les journalistes professionnels (voir liste des journalistes en annexe).

Les débats ont porté sur la liberté de presse au Burkina Faso et les réalités du travail des journalistes. Pendant plus d’une heure, les étudiants ont posé des questions sur la pratique du journalisme au Burkina Faso. Cet exercice pratique de discussions a permis de lever de nombreuses inquiétudes chez les étudiants et dissipé plusieurs préjugés sur la profession. En effet, ce sont souvent les parents, les amis et de façon générale l’entourage qui déconseille le journalisme aux jeunes étudiants sur la base de préjugés non fondés.
A l’issue de cette partie, les participants ont repris les travaux de groupes pour finaliser leurs productions.

Au cours de la plénière, chacun des quatre (4) groupes a présenté le résultat de son travail. Les critiques faites après chaque exposé ont permis aux groupes d’améliorer leur travail.

Les deux jours de formation ont pris fin dans l’après-midi du 28 avec l’évaluation de la formation et la remise des attestations de participation.

Pauline Yaméogo