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Publié le 8 novembre 2011

Rapport de la sortie de production à Koudougou le 20 au 22 octobre

“Médias et crise sociale : comment traiter l’information ?“.
C’est le thème qui a guidé la sortie de production des hommes de médias. Parti de Ouagadougou dans la matinée du 20 octobre, un groupe de cinq journalistes dont deux de Kaya, un de Bobo Dioulasso, un de Ouagadougou et un de Sabou accompagné de l’équipe de pilotage du RIJ est arrivé à Koudougou autour de 8h 30mn.

La journée du 20 octobre a été consacrée pour une prise de contact avec les autorités de la cité du cavalier rouge. Reçus au gouvernorat du Centre Ouest par le Secrétaire général de la région, Lamine Laurent TRAORE, les journalistes ont été rassurés du soutien des autorités dans leurs activités. A la question de savoir comment se porte la région du centre ouest, le secrétaire général laisse entendre : « Notre région se porte comme toutes les autres du Burkina Faso étant donné que la crise n’a épargné aucune ». Selon lui, tous les acteurs sont motivés pour un retour de la paix.

Du Gouvernorat l’équipe s’est déportée à l’hôtel de ville de Koudougou. Après un long temps d’attente dont la cause est liée à la tenue d’un conseil municipal extraordinaire. En rappel, le 14 octobre 2011, un arrêté ministériel suspendait le maire de Koudougou Saïdou ZAGRE et nommait également le premier adjoint au maire, Yaméogo Mbi Alexis, pour assurer l’intérim du maire de la commune.

La raison serait partie d’un problème de parcelles ou d’une réserve qui a été déclassée à tord ou à raison. Sur cette affaire, le maire intérimaire, souhaite un retour à la normale dans la vie de la commune. La raison de la session extraordinaire est définie par M’bi Alexis YAMEOGO : « Trois jours après la suspension du maire, nous nous devions de vous retrouver conformément à la Loi qui préconise la convocation d’une session extraordinaire. Cette session extraordinaire visait à partager l’information pour que chaque conseiller se l’approprie. Sinon comment pouvions-nous prendre fonction ? C’est vrai que c’est un nom qui a été cité, mais au-delà, il y a l’ensemble des conseillers municipaux. Nous avons donc voulu porter officiellement cette information, échanger sur les problèmes urgents de l’heure. »

Les journalistes ont beaucoup échangé avec le maire par intérim sur l’objet de la visite et sur des informations relatives à la vie de la commune urbaine de Koudougou. Ce dernier a accueilli les journalistes en leur étant ouvert à toute sorte de question. Il a à cet effet donné la permission aux hommes de médias de fouiner dans la ville à la recherche de toute information sensée intéresser l’opinion.
Le groupement féminin Tik to n’pam panga (S’adosser entre vous pour avoir plus de force), dont les activités œuvrent pour le développement local a intéressé les journalistes.

Les principales activités du groupement dont le siège est au secteur 6 de Koudougou sont la savonnerie, l’huilerie, la transformation du beurre de karité, la teinture, l’alphabétisation, l’hygiène et l’assainissement. Avec les femmes, les journalistes ont débattu sur les questions du développement.
La cours royale du Lallé Naaba a, elle aussi reçu les journalistes. Le Naaba s’est dit ému de l’acte posé par les hommes de médias. Il a accordé un intérêt à l’initiative en encourageant les journalistes à œuvrer pour le développement intégral.

La journée du 21 octobre est celle marquée par la visite de la ferme de spiruline. Les journalistes ont pu découvrir le cycle de la production de la spiruline allant de la culture à la consommation. Les techniciens ont défini les vertus de la spiruline aux visiteurs du jour. De la ferme de spiruline, l’équipe s’est dirigée vers le domicile du vieux Windyam Jacques YAMEOGO, le propriétaire du verger qui a fait l’objet d’une polémique allant jusqu’ à la suspension du maire Saïdou ZAGRE. Celui-ci a manifesté sa joie pour l’intérêt que les journalistes portent à sa cause. Il a permis à l’équipe de visiter son verger sur lequel il a beaucoup investi. Les journalistes se sont intéressés aux impressions de Windyam face à la situation à laquelle il s’est confronté.

Il fait la genèse du problème : « J’ai été informé par le maire Saïdou ZAGRE d’arrêter toute activité dans mon verger. Ils m’ont dit que mon verger a été déclassé pour des parcelles d’habitation. C’est ainsi que je ne me suis pas opposé pour l’intérêt général, mais j’ai souhaité être dédommagé à la hauteur de ma peine. J’ai même entrepris des démarches d’approches pour que le maire et moi puissions trouver un consensus. Le maire a tout fait pour m’éviter. J’ai demandé plus de douze audiences pour le rencontrer en vain. Je me suis enfin senti lésé dans mon droit et j’ai posé le problème à la justice. La justice, à partir des évaluations des techniciens, a condamné la mairie à lui payer plus de neuf millions de francs de dommage et intérêt. Ce montant, je ne l’ai pas approuvé pour ce que j’estimais être la valeur de mon investissement. Donc j’ai demandé la reconsidération de ce montant. Je suis à la retraite, j’ai pris tout ce que je gagnais investir dans la plantation des arbres qui constituent mon verger. Je payais l’eau pour arroser les arbres. J’ai creusé un puits de 11 m de profondeur sans avoir des traces d’eau. J’ai donc proposé entre autre un dédommagement de douze millions (12 000 000) par an sur cinquante (50) ans. »

La visite de la Direction régional du commerce et les échanges avec les élèves du lycée provincial sur le journalisme qui étaient inscrits au programme n’ont pas été exécutés pour des raisons d’indisponibilité des structures accueillantes.
A la gare ferroviaire, les journalistes n’ont trouvé que le personnel. Une gare vide de toute activité commerciale. Le chef de gare, casé dans son bureau, au visage ennuyant fait savoir aux journalistes que c’est à l’arrivée du train que son lieu est fréquenté par diverses activités commerciales.
Un diner d’échange avec les journalistes locaux s’est tenu au jardin du maire. Les hommes de médias se sont partagé des expériences pour un journalisme plus professionnel et participatif au processus de la démocratie et du développement.
La dernière journée a été marqué par la tenue d’un forum régional dont le thème est “Médias et acteurs locaux : quels rôles dans le développement de la région du centre ouest“. Autorités, société civile et journalistes se sont partagés des expériences en vue d’une implication effective des médias dans le développement local. Lors du forum, les participants ont eu des communications sur le rôle de la communication dans le développement.
Cette sortie de production a eu lieu grâce au soutien de Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) de la coopération allemande et de la fondation Hanns Seidel, tous des partenaires du RIJ.


Wind-Yida Emmanuel SAWADOGO
Irwaya Augustin OUEDRAOGO