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Publié le 9 septembre 2011

Voyage du RIJ au Bénin

L’esprit de ce type d’activité est de permettre aux journalistes Burkinabè de s’imprégner des réalités d’autres pays de la sous-région afin de produire des reportages au profit de leurs rédactions respectives. Mais pour cette année l’accent a particulièrement été mis sur un regard comparatif entre la mise en œuvre du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP) au Burkina Faso et au Bénin. A coté de cette priorité, le programme d’activité a permis aux journalistes participants de :

- rencontrer la communauté burkinabè vivant au Bénin ;

- visiter des groupes de presse pour toucher du doigt les réalités de leurs confrères du Bénin ;

- rencontrer des organisations de la société civile qui œuvrent dans le sens de la promotion de la bonne gouvernance et des droits de l’homme ;

- rencontrer des autorités administratives et politiques ;

- effectuer des visites touristiques.

Le présent rapport fait ressortir de manière chronologique le séjour de la délégation, depuis le départ du 21 août jusqu’au retour à Ouagadougou.

Dimanche 21 août

Cette journée a entièrement été consacrée au voyage "aller" qui a duré 18h environ. Partie de Ouagadougou à 06h du matin à bord d’un bus de la société Transport Confort Voyage (TCV), la délégation est arrivée à Cotonou à 2h30 du matin, heure du Bénin (1h30 TU). Si la traversée du territoire burkinabè n’a pas été difficile (seulement deux arrêts marqués respectivement aux postes de gendarmerie de Pama et de police de Nadiagou pour les vérifications d’identités), sur le territoire béninois la multiplicité de postes tenus par des agents de sécurité (douane, police, gendarmerie, militaire) a sérieusement épuisé la délégation qui a eu l’impression d’effectuer un voyage sans fin. A chacune de la quarantaine de postes de contrôle, il a fallu pour le conducteur du bus marquer un arrêt et payer entre 1000 et 2000 FCFA, sans percevoir en contre partie un reçu de paiement et sans même présenter les documents du véhicule. Arrivée épuisés à Cotonou après un voyage pas du tout facile c’est avec des taxis-motos (couramment appelés « zémidjans ») que les 12 membres de la délégation ont rejoint lieux d’hébergement : l’Hôtel Equation situé au quartier Agla, non loin du Stade de l’Amitié de Cotonou. Il était alors 3h du matin.
La préoccupation première de chacun était de se reposer rapidement parce que le programme se poursuivait dès 08h30 le lundi matin. Le hic c’est que nombre de chambres manquaient d’hygiène et de certaines commodités minimum : draps sales, chasses d’eau en panne, électrification défectueuse… De plus l’hôtel n’avait pas de connexion Internet pour faciliter l’envoi des articles de presse au Burkina Faso. A cela s’ajoutent les nuisances sonores du fait de la présence dans cet hôtel de la famille du propriétaire et les multiples fréquentations de certaines chambres qui semblait être des chambres de passage.
Malgré ces difficultés, la délégation s’est vite adaptée et a travaillé dans un climat de fraternité et dans une très bonne ambiance.

Lundi 22 août

Cette journée a débuté avec une réunion de groupe à 8H. Réunion au cours de laquelle la difficulté du voyage et les conditions d’hébergement ont été évoquées. Néanmoins l’équipe a décidé de faire avec, avec la promesse de la gérante de faire mieux.
Au programme de ce jour
Au Consulat
- la visite du Consulat du Burkina au Bénin et rencontre avec la communauté burkinabè

- la visite du groupe de presse Fraternité

- un repas commun avec les facilitateurs béninois du séjour.

En l’absence du Consul, l’équipe de journalistes a été reçue par le personnel de la représentation, en présence du représenté la communauté Burkinabè Allassane OUEDRAOGO. Les échanges ont porté sur les conditions de vie, l’intégration des Burkinabè à la communauté béninoise, leurs rapports avec les autorités béninoises. Le consulat et l’association des Burkinabè au Bénin ont affirmé travailler avec les autorités béninoises pour mettre fin aux tracasseries policières que connaissent les transporteurs Burkinabè en terre béninoise. Autre préoccupation du Consulat et de l’association, c’est la migration des Burkinabè vers les pays de l’Afrique Centrale. Le Bénin est un pays de transit.
Au niveau du groupe de presse Fraternité c’est dans les studios de la Télévision Canal3 Bénin que la visite a débuté avant de se terminer dans la rédaction du journal Fraternité. Les échanges avec les confrères du Bénin ont permis que Canal3 Bénin appartienne au même groupe que Canal3 monde, une télévision dont le siège est en France. Le groupe de presse est la propriété d’un homme politique. De part et d’autre les journalistes ont voulu en savoir davantage sur les réalités des uns et des autres.
Pour clore la journée, le Réseau a eu un repas commun avec les confrères et facilitateurs béninois du voyage. Cela a permis d’harmoniser les informations de part et d’autre. C’était aussi une autre occasion d’échanges confraternels et enrichissants.

Mardi 23 août

Cette journée a été qualifiée de « journée presse » parce qu’elle a été entièrement consacrée à des visite d’organes de presse. Mais avant elle a débuté par la rencontre matinale de groupe. Après quoi le cap a été le groupe Golf Médias constitué d’un journal (La Gazette), d’une radio (Golf FM) et d’une télévision (Golf TV). C’est avec beaucoup de satisfaction que les journalistes ont visité les impressionnantes installations de ce groupe, qui bénéficie comme beaucoup d’autres d’un partenariat avec le gouvernement. Golf Médias est le seul groupe dans lequel la délégation a été interviewée.
A l’ORTB/Télévision le tour des installations a aussi été fait avant des échanges avec les confrères dans la salle de rédaction. La principale contrainte que vivent nos confrères de ce média public est le traitement de l’information, même si la gratuit des prestations est admis.
A la Maison Des Médias (l’équivalent de notre Centre National de Presse Norbert Zongo), les échanges ont eu lieu avec les associations professionnelles de journalistes. Il s’agissait notamment de l’observatoire de la déontologie et de l’éthique des médias (ODEM), l’Union des Professionnels des Médias du Bénin (UPMB) et du Conseil national du patronat (CNPA). Après de fonctionnement de la structure, ce sont les questions de liberté de presse qui ont passionné les échanges. Il ressort que la liberté d’expression est mise à mal par les contrats de partenariat que certains médias signent avec le gouvernement. De son côté pourtant le patronat voit cela comme une aubaine pour leur survie. Ce qui fait que le discours est discordant entre patronat et organisations professionnelles des journalistes.
Sur la route de la presse universitaire, les journalistes burkinabè ont fait une escale à l’ONG ALCRER, une organisation de la société civile dont le cheval de bataille est la lutte contre la corruption et pour la promotion du civisme et de la citoyenneté. Une trentaine de minute a suffit à Martin Assobah, premier responsable de l’ONG pour expliquer les actions réalisées dans le sens de la promotion de la bonne gouvernance. L’accent est beaucoup mis dans le travail sur les franges jeunes de la population, notamment les scolaires, avec la conception de manuels.
A la presse universitaire de l’Université Abomey-Calavi tous les 3 organes ont reçu la visite dela délégation burkinabè, à savoir les mensuels Le Héraut (1er journal créé il y a 22 ans), Le Révélateur (créé il y a 16 ans) et la radio Univers mise en place en septembre 1990. C’est la première radio privé universitaire en Afrique de l’Ouest.
Au cours des différents échanges, notamment au journal Le Hérault, les journalistes ont demandé l’appui du RIJ, dans le cadre de la création d’un réseau des organes d’étudiants de l’Afrique francophone.

Mercredi 24 août

Conformément à l’objectif du voyage du RIJ au Benin, l’ordre du jour du mercredi 24 août 2011 prévoyait la rencontre avec le MAEP Benin, les organisations de la société civile.
La journée a débuté par une réunion matinale de mise au point. Après la rencontre, le cap est mis sur le MAEP qui se trouve être aussi l’abréviation du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche. La confusion d’homonymie est donc parfaite avec le Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP). Il a donc fallu improviser pour adapter le programme à la réalité. Les contacts avec le Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP) grâce au concours des bureaux de la Fondation Hanns Seidel au Burkina Faso et au Togo. C’est ainsi qui le rendez-vous a été pris pour le lendemain. Du coup il a fallu intervertir les programmes des jeudi 24 et vendredi 25. Néanmoins, la rencontre avec le ministère de l’Agriculture a été maintenue avant le départ pour Ouidah.
Au ministère ce fut donc une visite de courtoisie improvisée pour les journalistes, qui ont été reçu par le Secrétaire Général en l’absence du ministre lui-même en tournée. Après des échanges sur la saison agricole, les OGM et les changements climatiques entre autre la délégation a pris la route de Ouidah à une quarantaine de kilomètres de Cotonou. Dans cette ville les journalistes ont visité tour à tour le temple des pythons, la route des esclaves et la plage sur laquelle les Burkinabè ont été témoins de la découverte par une compatriote : des chaînes d’esclaves enfuis dans le sable.
A Ouidah
Jeudi 25 août

Comme les jours précédents, la journée a commencé par la traditionnelle réunion une réunion du groupe. Ensuite le groupe s’est ébranlé vers la radio CAPP FM pour la rencontre avec le chargé de communication du MAEP, M. Jérôme Carlos. Il ressort des échanges que :

- le MAEP-Bénin a déjà produit trois (03) rapports ;

- Il a profité du découpage du pays en 12 départements et 77 communes pour se décentraliser : une décentralisation approuvée par Jérôme Carlos qui y voit une façon de toucher les populations à la base et de les faire participer aux prises de décisions :

- Le budget annuel de fonctionnement du MAEP-Bénin est de 400 millions de francs CFA ;

- Les membres de la Commission nationale ont des honoraires à chaque fin de mois sur la base de la régularité de chaque membre aux différentes sessions ;

- Cette commission qui était au départ composée de douze (12) membres, puis réduite à neuf (09) bénéficie également de certains avantages dont l’acquisition du passeport diplomatique et le statut de ministre.

Après la visite au MAEP-Bénin le groupe s’est rendu au second rendez-vous de la journée au siège de l’ONG Social Watch/Bénin, où il a été reçu par le Secrétaire exécutif M. Dieudonné Houinsou. Ce dernier a largement parlé des activités de l’ONG, de ses domaines d’intervention et de ses partenaires.

L’après-midi quartier libre a été réservé aux courses pour le retour (enregistrement des bagages à la gare) et à la visite du marché Dantokpa.
Le bilan général du séjour a été fait dans la soirée avant un dernier repas commun.

Les participants dont certains étaient à leur 1ère sortie avec le RIJ ont tous félicité le comité d’organisation pour ses efforts consentis dans la réussite de l’activité. Les uns et les autres ont aussi apprécia la bonne ambiance et l’entente au sein du groupe. Ils ont reconnu avoir appris beaucoup de cette sortie internationale.
Malgré la modicité des moyens qui ne permettaient pas d’être logé dans de bonnes conditions, les uns et les autres ont fait des efforts pour s’adapter à la réalité.
Quelques membres du groupe ont regretté qu’on n’ait pas pu visiter la mairie de Cotonou, point central dans toute ville.

Vendredi 25 août

Cette journée a été consacrée au voyage retour qui s’est déroulée dans de bien meilleures conditions qu’à aller. Embarqué à Cotonou à 06h du matin, c’est autour de 21h30 que la délégation est arrivée à Ouagadougou.

Recommandations

Même si dans l’ensemble les participants ont positivement apprécié ce voyage international d’échanges et d’études, des propositions ont été fait dans le sens de l’amélioration. C’est ainsi qu’ils ont recommandé :

- La planification du programme du séjour par rapport à la localisation géographique des sites à visiter dans les villes ;

- La location d’un bus pour permettre une autonomie dans les déplacements. Pour cette fois-ci les participants ont dû se déplacer en taxi-moto. Un bus permettrait de rehausser aussi l’image du RIJ. Certains participants qui ont des facilités se sont proposés à l’avenir de donner un coup de main dans ce sens ;

- L’amélioration des conditions des prochains voyages (l’hébergement notamment).

Fait à Ouagadougou le 08 septembre 2011

Le Rapporteur Général

Fabrice Yi-Bour BAZIE