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Publié le 11 juillet 2011

Forum régional à Fada

Le forum a commencé à 9H 05 minutes par une cérémonie dont le présidium était formé de madame la Secrétaire Générale de la province représentant le gouverneur de la région, président de la cérémonie, du Secrétaire Général de la mairie de Fada, du Coordonnateur du RIJ, du représentant de la Fondation Hanns Seidel au Burkina et du représentant de la GIZ à Fada. La cérémonie a été constituée essentiellement d’allocutions.
Le coordonnateur du RIJ, Fabrice Yi-bour Bazié, prenant la parole le premier après que Koffi Amétépé en maître de cérémonie a planté les décors du forum, a souhaité la bienvenue à tous les participants. Il a souhaité que des échanges de ce forum qui est « une première pour le Réseau », sortent des conclusions pertinentes qui vont contribuer à un changement positif dans la collaboration des acteurs pour un réel développement de la région de l’Est. A la suite du coordonnateur, le représentant de la Fondation Hanns Seidel, Psacal Thiombaino, a à son tour salué les autorités administratives et la Presse de la région de l’Est pour leur engagement dans la tenue du forum. Le rôle prépondérant de la presse dans les défis du développement du Burkina Faso justifie, selon M. Thiombiano, que la Fondation Hanns Seidel accompagne le RIJ dans ses activités. Représentant des acteurs locaux au présidium de la cérémonie, M. Hady Coulibay de la GIZ/Fada a félicité et encouragé le RIJ pour ses initiatives dont le présent forum. Hady rappelait que depuis quelques années, « la relation entre les médias et le développement fait l’objet d’une nouvelle réflexion liée à la redéfinition même du concept de développement ». Le rôle des médias dans le développement est avéré dira le représentant de la GIZ qui pense que « les acteurs du développement local ont un effort à fournir sur le plan de l’appropriation du fonctionnement des médias », d’où l’importance du forum de Fada. Avant que le représentant du gouverneur ne prenne la parole, le SG de la mairie, par ailleurs journaliste a, au nom de la mairie de Fada, salué la tenue du forum dans la commune de Fada N’Gourma. Enfin la Secrétaire Générale de la province a clos les interventions. Selon la SG, qui a livré le discours d’ouverture du Forum, « les évènements récents ont permis de tirer toute la mesure de l’enjeu lié à la communication ». C’est pourquoi elle a affirmé « la disponibilité des autorités locales à accompagner le RIJ dans ses initiatives entrant dans le cadre du développement de la localité ». Après ces discours, les participants au forum ont posé pour une photo de famille avec les officiels avant que ces derniers ne se retirent. Le forum proprement dit a aussitôt commencé à 10H00 exactement sous la modération du coordonnateur du RIJ.

2- Deux communications pour introduire les débats

Pour introduire les échanges, les participants ont eu droit à deux communications sur deux sous thèmes. Le premier sous thème sur « Le rôle de la communication dans le développement : le cas des médias locaux » a été développé par Saïdou Bayili, directeur de la radio rurale de Fada. Dans sa communication, M. Bayili a fait un état des lieux des rapports existants entre les médias et leurs animateurs d’une part et d’autre part les partenaires au développement, présents dans la région. Selon le communicateur, « le développement est une œuvre commune qui ne peut s’imaginer sans que les bénéficiaires en soient eux même les acteurs. ». Quant à la communication, il la définit comme « une donnée de base transversale impliquée du début jusqu’à la fin de toute action de développement ». Dans ce sens, les communicateurs proposent des pistes facilement réalisables et la communication favorise une implication consciente des bénéficiaires, dira M. Bayili. Très souvent, les réalisations de partenaires au développement (école, centre de santé, forage, zone boisée, etc.) sont délaissées par les populations après le départ des donateurs, « parce qu’il y a manqué l’implication de la communication », regrette le communicateur.
Faisant le panorama du paysage médiatique dans la commune, il ressort que la ville de Fada dispose de quatre stations locales de radiodiffusion. La Radio Tamba (la Radio qui Rassemble, en langue gourmantchéma) est la première, créée depuis novembre 1993. La Radiodiffusion et Télévision du Burkina (RTB) a installé son antenne régionale de Fada en 1997. L’année 2008 voit apparaître presque simultanément deux autres médias, la Radio Rurale le (22 septembre 2008), et la radio commerciale privée, Fada FM en septembre 2008 de la même année. La Radio Evangile et Développement (RED), deuxième radio confessionnelle après Taamba a vit le jour en novembre 2008. Pour ce qui est de la presse écrite, le communicateur note qu’elle est constituée par l’Agence d’Information Burkinabè (AIB), des correspondant de presse (Sidwaya, L’Observateur Paalga, Le Pays) et du journal d’information Labaali créée depuis 1988 par l’Association Tin Tua et éditée en langue locale Gourmantchéma. La fin de 2010 a vu naître un nouveau titre Les Echos du Sahel, un mensuel privé. Le communicateur est convaincu que « Tout médias est un service de bien public et contribue d’une manière ou d’une autre au développement de la région » et que la région de l’Est a un potentiel d’acteurs et de partenaires au développement. Cependant ces acteurs utilisent très peu les médias et la communication, a fait remarquer le directeur de la Radio Rurale. Quelques raisons ébauchées par lui sont : l’absence de budget de communication, quelques fois entre cent milles et deux cent milles pour l’année quand cela existe. Les sièges de nombre de partenaires se trouvant à Ouagadougou est perçu comme un frein à l’utilisation de la communication au regard de la longueur et de la lenteur des procédures. Autrefois, avant l’arrivée de la Radio Taamba et de la RTB, « pour les communiqués, il fallait se référer à des radios au Bénin et au Togo » qui sont deux pays frontaliers de la région. Les médias locaux ne couvrent toujours pas toute l’étendue de la région. La province de la Kompienga continue de traverser la frontière du Togo pour diffuser les communiqués destinés à des populations burkinabè. Le communicateur ne passe pas sous silence les insuffisances que cela comporte quant à l’accessibilité des messages diffusés.
Le communicateur estime d’autre part qu’ « une bonne partie des projets qui travaillent à Fada refuse le partenariat avec les médias ». Autre facteur négatif imputable aux médias eux mêmes, c’est « l’absence de cadre de travail entre les journalistes, une synergie entre les médias de sorte à ce que certaines émissions de sensibilisation puissent être diffusés en simultané sur toutes les stations radios ». Le résultat de toutes ces entraves, c’est qu’ « il n’y a pas plus du tiers des ONG à Fada qui utilisent les médias ». Méa culpa, le directeur de la Radio Rurale reconnaît que les médias de leur côté ne font pas la démarche nécessaire pour intéresser les organisations. Autant de difficultés qui font que la collaboration médias et acteurs locaux n’est pas au point dans la région. La perspective du communicateur suggère qu’ « il faut corriger cette insuffisance s’il est vrai que la communication est au début et à la fin de chaque action de développement ». C’est en cela qu’ensemble les partenaires construiront la région de l’Est, a-t-il conclut.

Le deuxième sous thème « Médias et acteurs locaux : quelles attentes ? » a été co-présenté par messieurs Hady Coulibaly et Djièba Ouoba tous du Programme Décentralisation et Développement Communal (PDDC) de la GIZ/Fada. Une communication que les présentateurs ont voulu participative. La présentation a commencé avec un jeu sur la problématique de la communication et du développement qui a mis en scène deux acteurs (un homme et une femme pris parmi les forumistes). Le principe du jeu consistait à pouvoir marquer d’une lettre une colonne entière. Les deux acteurs chacun en voulant gagner et en voulant empêcher l’autre (l’adversaire) de gagner ont tous deux perdu puisqu’ « ils se sont mutuellement gênés » selon les participants qui ont observés le jeu.

Une dizaine de participants se sont prononcé sur les raisons probables qui ont fait qu’aucun des deux acteurs n’a pu remporter le jeu. Il ressort de ces interprétations que chacun des acteurs a voulu « cultiver son champs », qu’il y a eu « un problème de communication » entre les acteurs en jeu et aussi « une interprétation ou une compréhension divergente des règles de jeux par les deux joueurs ». Selon le présentateur, M. Coulibaly, « les acteurs se sont dérangés mutuellement » et ont été « égoïstes » en s’empêchant mutuellement de gagner. Il en déduit que « les acteurs n’ont pas joué un jeu gagnant – gagnant. Ils ont tous perdu alors qu’ils auraient pu tous gagner s’ils ne s’étaient pas combattus mutuellement ». La conclusion qu’en tire le présentateur c’est qu’il n’y a pas eu de développement parce que personne n’a gagné le jeu à cause principalement d’un manque d’entente dû à une absence de communication. Ce jeu est transposable aux actions quotidiennes des hommes et traduit l’importance de la communication.
La suite de la communication est une présentation en power point commentée par le duo Coulibaly et Ouoba. Pour commencer, ils ont classé les acteurs locaux en trois catégories. Ces catégories sont :
Les acteurs décideurs et ou gestionnaires, composés d’élus, de nommés, etc. ; les acteurs bénéficiaires (ce sont les OSC, les populations, les opérateurs économiques, …) et la catégorie des acteurs accompagnateurs (qui regroupe les partenaires techniques et financiers, les Organisations non gouvernementales, les associations, les médias, …). Pour tous ces acteurs, on retiendra que les enjeux gravitent autour de l’animation communautaire, de la mobilisation sociale, de la participation citoyenne, de la responsabilisation mutuelle, de la transparence dans la gestion des affaires publiques, de l’autonomie des organisations, et de l’information considérée selon les présentateurs comme étant « la clé du développement ». Les acteurs rencontres nombres de difficultés qui sont entre autres la perception (pas toujours bonne) des uns sur les autres, le coût jugé trop élevé des prestations médiatiques, la méconnaissance du rôle ou de l’importance de l’information et des médias dans le processus de développement, la méconnaissance de l’importance et des mécanisme d’accès aux médias, la faiblesse de l’offre de prestation par les travailleurs des médias, la faible prise en compte ou budgétisation du volet communication dans les approches de développement, la limites des médias dans l’utilisation des langues locales, la faible couverture du territoire par les médias publics comme privés, la liste n’est pas exhaustive. L’ensemble de ces difficultés annihile, selon M. Ouoba, les opportunités que devraient offrir les médias aux acteurs de développement. Au titre des ces opportunités, les présentateurs notent que la communication et les médias permettent une visibilité des actions de développement à travers les couvertures médiatiques de journées portes ouvertes, de restitutions publiques, de sessions budgétaires, la production d’outils de communication, la production de photos, d’images, de vidéo, et autres moyens de visibilité des actions des partenaires au développement. Le partenariat acteurs locaux et médias peut permettre la signature de conventions de collaboration avec des avantages comparatifs pour les acteurs, ainsi que la mise en place de cadre de concertation entre les médias et les instruments de micro finances et banques, l’organisation ou l’institutionnalisation de rencontre annuelle entre médias et partenaires au développement.
En conclusion de leur présentation, on retient qu’entre médias et acteurs locaux, les attentes sont mutuelles. Les présentateurs soulignent que les deux parties sont « un tandem, un couple de force indissociable qui doit se découvrir davantage et améliorer les perceptions les uns envers les autres ». Ils ont terminé leur communication sur ce propos de Philipe Langenieux Villard sur la communication de l’élu : « l’élu, s’il agit sans communiquer, il perd le pouvoir, s’il communique sans agir, il trompe le citoyen ».

3- Acteurs locaux et hommes de médias discutent pendant une heure et demie

La fin de cette présentation a mis fin à la première partie du forum pour ouvrir des débats avec l’ensemble des participants. Cette deuxième partie fut très participative, interactive et riche de connaissances, selon ce qui ressort de l’appréciation des forumistes. Le modérateur des débats a procédé par des listes d’intervenants. Dans la première liste, on note l’intervention de Mamadou Bâ, journaliste à la radio rurale et correspondant de la RTB/Radio à Fada. Selon M. Bâ, « les acteurs au développement aiment plutôt se faire voir à la télé » au détriment d’une véritable action de communication. Malgré les coût de plus en plus élevés du déplacement de la télévision nationale en province (il est passé de deux cent cinquante mille (250.000) FCFA à trois cent cinquante mille (350.000) FCFA depuis le 1er mars 2009 et la radio est passée de cent cinquante mille (150.000) à deux cent cinquante mille (250.000) FCA à la même date), les ONG et autres organismes oeuvrant dans la ville de Fada préfèrent mettre beaucoup d’argent pour déplacer la télévision à Fada que de profiter des radio locales plus accessibles aux populations et plus accessibles en termes de coût. Pour lui y a une préférence de la télé à la radio et une préférence des médias venant de Ouagadougou aux médias locaux. Cette opinion est partagée par son confrère M. Diallo de la Radio Rurale. M. Bâ ne partage pas la position de certains responsables d’organisation qui avancent le coût élevé des reportages et le manque de démarches des journalistes pour justifier la faible utilisation des médias. Il dit avoir lui-même mené plusieurs démarches à l’endroit des partenaires au développement pour les intéresser aux médias et à la communication mais ces derniers se sont montrés plutôt désintéressés.

Koffi Amétépé du Journal du Jeudi (JJ) pense pour sa part qu’il n’est pas du rôle du journaliste de démarcher les partenaires au développement. Omar Ouédraogo, reporter au journal Le Progrès pense que certains directeurs d’organes encouragent les journalistes dans la communication en leur accordant des pourcentages de primes sur les publi-reportages qu’ils réalisent au profit du média. M. Amétépé a insisté sur la différence à faire entre la communication et l’information. Répondant aux acteurs au développement qui tablent sur le coût des prestations médiatiques, Amétépé fait savoir qu’à la différence de l’information, la communication dans un média est nécessairement payante. Il pense que les médias ne sauront faire de la communication gratuite au profit d’un organisme, soit-il de développement. Quand il s’agit de communication, le plus souvent ce sont les organisations qui démarchent les médias pour des couvertures médiatiques alors que quand le journaliste est à la recherche d’information (au sens journalistique du terme), il devient indésirable par les mêmes acteurs, a déclaré le journaliste de JJ. Si les acteurs font du bon travail, les journalistes viendront vers eux pour chercher l’information non commerciale, a poursuivi Koffi Amétépé qui cite en bon exemple l’Association Tin Tua dont le crédit lui vaut d’être un des liens les plus actifs sur Internet quand il est question d’alphabétisation.
A la suite de Koffi Amétépé, Boukari Ouoba, journaliste au Bimensuel L’Evènement est intervenu sur la différence entre la communication et l’information. Selon lui, « la communication c’est ce qui arrange et l’information c’est ce qui dérange ». Partant de cette définition caricaturale, il estime que la communication exige une contre partie à verser au journaliste. C’est pourquoi il pense qu’il y a amalgame quand des publi-reportages sont signés dans la presse de la plume de journalistes alors que la charte des journalistes énonce que le journaliste ne signe pas les articles de réclame. Pour lui les publi-reportages devraient relever du travail des agences de communication qui se chargeraient de rédiger ce genre d’articles, à la demande des organisations, et les organes de presse se contenteraient de leur vendre l’espace de publication.
Roukietou Ouédraogo est chargée de communication au Secrétariat Permanent des Organisations Non Gouvernementales (SPONG dont cinq organisations de Fada sont membres). Elle estime que « les partenaires au développement préfèrent donner de l’argent pour la confection de dépliants plutôt que d’assurer la prise en charge des journalistes pour la couverture médiatique d’une activité ». Pour elle, il y a une véritable incompréhension entre les deux acteurs (médias et partenaires au développement) quant au rôle de chaque partie. Elle a appelé à « passer à une autre étape du développement en posant les vraies questions du développement à un moment où les portes de l’Europe sont entrain de se fermer aux Africains ».
En réponse à M. Dayamba qui a posé une question sur la différence de conditions que les médias posent pour la couverture des évènements, M. Bayili, directeur de la radio rurale a argué sur le fait que les radios n’ont pas toutes les mêmes statuts de même que les demandes de couvertures médiatiques sont diverses, allant du communiqué, à la production d’émission en passant par les publi-reportages.
Pour Raoul Balima de la Radio Taamba, l’élargissement du paysage médiatique a quelque peu modifié les rapports entre les médias et les partenaires au développement. Il a expliqué que pendant près de 15 ans la radio Taamba avait le monopole en tant que la première radio à Fada. En cette période, le rôle des partenaires locaux a été déterminant pour la pérennité du medium et maintenant l’arrivée d’autres médias, les partenaires ont plus de possibilités et de choix, a soutenu Raoul Balima.
Mme Naba Kadidia, journaliste à la radio rurale à Ouagadougou avant de prendre sa retraite à Fada où elle intervient en ce moment à la radio Fada FM, a mis le doigt sur la question de la formation des travailleurs des médias. Elle estime que les partenaires ne font pas confiance aux journalistes souvent à cause de non qualification de ces derniers. La plupart des personnes intervenant dans les médias locaux sont des animateurs arrivés aux métiers par la passion mais à qui il manque une formation adéquate, pense Mme Naba.
Les discussions ont été concentrées sur la différence qui existe entre communication et information. Cette partie a nécessité plusieurs intervenants aussi bien du côté des journalistes et communicateurs que du côté des partenaires au développement. Les derniers se sont plutôt montrés surpris par cette différence que les premiers s’efforçaient à rendre évidente pour tous.

4- Le temps des propositions

A la demande du modérateur, les dernières interventions ont été portées sur des propositions et des recommandations. Sur ce volet, Djieba Ouoba a souhaité que l’initiative du RIJ ne s’arrête pas à ce premier forum. Il a invité à multiplier ce genre de rencontres et surtout à faire en sorte que le forum régional de Fada connaisse une suite dans la région de l’Est. Dans le même ordre d’idée, Hady Coulibaly a souhaité qu’un forum similaire puisse soit organisé, cette fois ci, entre les hommes de médias et autorités administratives locales. Il pense qu’il existe des blocages qui sont souvent du fait des autorités administratives qui elles mêmes ne mesurent pas toute l’importance des médias. Pour lui, la compréhension entre les médias (hommes de médias) et les acteurs locaux doit s’inscrire dans un processus.
Selon Koffi Amété, « si les acteurs n’utilisent pas les médias c’est parce qu’ils ne savent pas les utiliser ». Il a indiqué que des journalistes dans le cadre du RIJ ont été formés aux fins de former les acteurs sociaux à l’utilisation des médias. Il serait donc possible d’initier une formation des acteurs locaux à l’utilisation des médias dans la région. A l’endroit de ses confrères de Fada, Koffi Amétépé pense qu’« on ne forme pas quelqu’un, il se forme ».
Le directeur de la Radio rurale estime qu’il est presque normal que les difficultés existent à Fada étant donné que la plupart de des médias dans la ville sont naissants.
Raoul Balima de la Radio Taamba est revenue sur l’opportunité qu’offre le RIJ aux journalistes de Fada, une opportunité bien saisie selon lui. Il a dit que les journalistes de Fada mettront les bouchées doubles pour rester en contact avec leurs confrères de Ouagadougou pour bien asseoir un cadre de concertation des journalistes de Fada. « C’est en cela que demain on peut regarder les partenaires au développement non pas comme des gens qui fuient les médias mais plutôt comme de véritables partenaires. » a terminé M. Balima.
Roukiatou Ouédraogo du SPONG estime pour sa part que les ONG peuvent travailler avec les médias à travers le RIJ. Elle a plaidé pour la nécessité d’expliciter davantage la différence entre la communication et l’information pour une meilleure compréhension des ONG et des autres partenaires au développent. Pour elle, il faut amener les acteurs locaux à pouvoir disposer d’informations pour les médias au lieu de laisser l’espace médiatique seulement aux organismes internationaux. Elle pense aussi que les acteurs locaux peuvent souvent alerter les médias sur certains sujets soit non pris en compte par les médias soit sur la manière de traiter de ces sujets.
Gustave Thiombiano s’est réjoui d’avoir appris à ce forum. Il dit avoir appris à distinguer la communication de l’information. Pour lui, l’information est très importante et « sans l’information ce que nous faisons tombe dans l’eau ».
Ahmed Koné, affectueusement appelé le doyen Koné au sein du RIJ, a fait son entrée dans la salle de conférence à une trentaine de minutes de la fin des débats. Le modérateur l’a présenté à l’assistance comme étant le « grand frère », « celui qui éclaire le réseau » par son expérience et sa sagesse. Le doyen a eu droit aux ovations de la salle avant de s’asseoir pour écouter les dernières interventions de forumistes. Avant que le forum ne se referme, le modérateur lui a donné la parole. Le doyen a dit un bref mot sur sa carrière de trente ans dans les médias, et son attachement à la ville de Fada N’Gourma. Il s’est montré enthousiasmé de voir qu’ « il y a beaucoup de jeunes journalistes et communicateurs » qui aiment le métier et s’y engagent. Il a aussi félicité le RIJ pour avoir tenu ce forum sur le thème « Médias et acteur locaux : quels rôles dans le développement de la région de l’Est. ».
Après l’intervention du doyen Koné, c’est le coordonnateur du RIJ et modérateur du forum qui a pris la parole pour mettre fin à l’activité. Fabrice Bazié pense que s’il y a un dialogue de sourd entre les acteurs, la réflexion doit continuer jusqu’à ce que la mayonnaise prenne, surtout que tous y ont intérêt. Il a aussi tenu à souligner que « tout n’est pas sombre » et qu’ « il y a des acquis qui ont besoin seulement d’être consolidés ». C’est sur ces propos que le forum a pris fin à 12h41 minutes précises.
Ont pris part au forum, voir liste de présence en annexe

Ouagadougou, le 28 juin 2011

Le rapporteur

Boukari Ouoba