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Publié le 10 août 2010

Rencontre mensuelle du 30 juillet 2010

Les dossiers de malversation dénoncés par le dernier rapport 2009 de l’ASCE : tel est le sujet qui a meublé les échanges au cours de cette rencontre. Faisant une lecture globale de ce rapport, Elie Kaboré a salué le travail abattu par l’ASCE. « C’est avec satisfaction que le RENLAC a lu le rapport » dira-t-il. Cependant Monsieur Kaboré a estimé que l’ASCE aurait pu aller plus loin en dénonçant d’autres dossiers de malversation. Hervé Taoko quand à lui n’a pas trouvé aussi extraordinaire le rapport de l’ASCE. Pour lui, il est du devoir de l’Etat de rendre compte de la gestion des ressources nationales. Ce qu’il déplore, c’est plutôt la non poursuite par l’ASCE des personnes indexées à la justice. En effet, l’expérience au Burkina Faso a montré que les personnes impliquées dans les détournements du denier public ne sont généralement pas interpelées. C’est plutôt les personnes coupables de malversations mineures qui sont épinglées tandis que les « haut-placés » sont laissés libres et parfois continuent de gérer les affaires de l’Etat en toute quiétude.

Par ailleurs, selon le Rédacteur en Chef du Reporter, l’opinion publique n’a pas vraiment réagi par rapport aux différents dossiers. Les réactions n’étaient pas à son avis satisfaisantes. Il a estimé que la société civile, les députés et tous les acteurs sociaux devraient monter au créneau pour faire pression sur les autorités politico-judiciaires afin que les auteurs de ces malversations soient poursuivis. Pour lui, l’opinion publique est en construction et se construit petit à petit.

La presse aussi doit jouer pleinement son rôle dans cette affaire, a souligné les panélistes. C’est à la presse d’amener la commission à aller plus loin. Elle doit aider les citoyens à cultiver leur soif de justice. Le peuple, en effet, a le droit de vérifier la gestion qui est faite des biens publics. Monsieur Taoko a relevé que les journalistes ne doivent pas s’arrêter à l’information brute, ils doivent aller au-delà des faits, creuser afin de mieux informer le public. La presse devrait revenir de temps en temps sur les sujets qu’elle évoque a-t-il insisté. Pour lui, la presse ne joue que partiellement son rôle.

Pour les participants à la rencontre, dans un pays comme le Burkina où il n’y pas d’opposition, les journalistes doivent être vigilants et jouer valablement le rôle de l’opposition. Ils doivent rappeler de manière ininterrompue les dossiers en cours. La presse doit faire son travail.
Selon certains intervenants, l’ASCE ne peut pas pour le moment être considérée comme une structure crédible. Son importance dans la lutte contre la corruption dépendra de sa capacité à pouvoir poursuivre son travail et à ne pas se laisser influencer par le pouvoir politique.
Pour le chargé de communication du RENLAC, Monsieur Kaboré, on peut dire aujourd’hui que la lutte contre la corruption au Burkina Faso est une réalité. Il a fait observer que l’ASCE a quelque chose de plus : le fait de posséder les pleins pouvoirs d’assigner en justice les personnes impliquées dans les malversations. Le vrai problème selon lui, c’est la justice qui bloque pratiquement tous les dossiers. Cependant Monsieur Kaboré a tenu à souligner que le RENLAC n’est pas entièrement satisfait du travail de l’ASCE. Même s’il y a une avancé, il a noté que l’ASCE ne dispose pas vraiment de moyens financiers suffisants pour mener de façon autonome son travail. Il a néanmoins reconnu qu’il y a une volonté de la part des responsables de cette structure.

Les panélistes ont déploré aussi le mutisme des partis politiques qui auraient pu exploiter le rapport de l’ASCE comme argument politique. Quant aux organisations de la société civile, la plupart sont restées sans réaction même si certains comme le RENLAC ont bien réagi par rapport au dossier

Les panélistes ont souhaité à l’unanimité que les malversations relevées par le rapport 2009 de l’ASCE soient portées devant la justice afin que les responsabilités soient situées.