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Publié le 16 février 2010

La Côte d’Ivoire, un beau navire en détresse

Pays jadis stable sur le plan socio politico-économique, la Côte d’Ivoire n’est plus que l’ombre d’elle-même. Semblable aujourd’hui à une ville hantée où les esprits maléfiques peuvent frapper de manière imprévisible, la quasi-totalité de la population vit dans la peur, prête à fuir le pays dès que le danger se fait sentir. Le souvenir des morts jonchant les rues emplit encore l’esprit des habitants. Comme se trouvant dans un circuit d’attente, la mort es omniprésente est nul n’est à l’abri.
Soutenus par la communauté internationale, les décideurs politiques n’ont ménagé aucun effort à signer des accords visant une éventuelle sortie de crise, à travers des élections libres et transparentes.
Les armes ne devraient plus jamais se faire entendre car les dégâts sont suffisamment considérables et l’image du pays en est énormément ternie, révélant l’une de ses tristes facettes : « Là ou tout peut arriver et à tout moment. »
Depuis, la situation reste critique. Semblable à un navire en détresse, les différents protagonistes devraient s’unir, à tout prix, pour sauver le pays et ce, au détriment de tout système politicien susceptible de saper le processus de sortie de crise. A savoir, les basses politiques que je nomme politicaillerie.
Le 07 Décembre 1993, le président Félix Houphouët-Boigny fut arraché à l’affection de la nation ivoirienne, voire du monde entier car les désastres qui ont suivi sa disparition ne laissent point indifférente l’humanité toute entière. La mort de cet éminent personnage de paix a été la naissance d’une lutte sans précédent pour la conquête du pouvoir d’Etat. Quelques années seulement ont suffi pour que le pays connaisse une crise ressentie à tous les niveaux. C’est le chaos total : la rébellion s’installe et on dénombre des milliers de morts et des blessés, on assiste à des scènes de pillages de biens matériels et financiers, plusieurs bâtiments sont saccagés – L’économie s’effondre car plusieurs opérateurs économiques ferment « boutique » et retournent dans leur pays, ouvrant la porte au chômage et au vol. C’est le désordre dans toute sa splendeur.

« QUAND LE CHAT N’EST PAS LA, LES SOURIS DANSENT… »

Comme pour respecter l’adage, Houphouët mort, les fils du pays se sont mis à danser. Mais ils dansent si mal qu’ils ne profitent pas de l’héritage laissé par le père de la nation. Dansant les uns sur les autres, ils ne préfèrent pas attention au feu déclanché par leurs agissements inciviques. La maison s’embrasa et des innocents ont payé de leur vie. Pour la survie, le mal prit le dessus : insécurité grandissante, corruption, individualisme, sont entre autres les maux qui minent désormais le poumon économique de la Sous Région.
Aujourd’hui encore, on assiste impuissamment à la destruction de ce beau pays savamment construit et dont la force reposait sur l’intégration entre les peuples.
En témoigne la pléthore des Libanais, des Burkinabé, des Guinéens… Bref ! Un véritable fourre. Tout où chaque habitant de la planète y trouvait son compte.

« LA COTE D’IVOIRE EST GATEE… »

Ces propos nous viennent d’un citoyen qui n’a plus que ses yeux pour contempler l’énormité des dégâts. Et on peut aisément imaginer la douleur qu’il ressent. Mais une question s’impose : « Par qui la Côte d’Ivoire est gâtée ? »
Au regard des luttes entre les différents partis politiques, nous disons, et nul ne peut prouver le contraire, que seule la soif du pouvoir est à l’origine de cette crise en Côte d’Ivoire et dans la plupart de nos Etats africains.
Construit sur plusieurs décennies, le pays a longtemps accroché au pouvoir, ignorant à la lettre le mot alternance. L’alternance qui se veut une réalité est la base de toute stabilité politique. Et cette stabilité garantit le développement social et économique dans tout Pays.
Un homme aussi efficace soit-il ne peut régner indéfiniment sur une nation sans assembler dans l’air des « substances toxiques » qui s’explosent tôt ou tard. Et c’est toujours la population qui récolte les pots cassés.
L’histoire nous apprend que tous les pays africains qui ont eu des dirigeants « éternels » ont connu le chaos. Ils s’accrochent à leur fauteuil et croient être les seuls capables de diriger. Au finish, ils mettent le pays en sang et au feu avant de partir : la Guinée Conakry ; ou après leur départ : la Côte d’Ivoire, le Togo…
L’heure est venue pour nos chefs d’Etat, de limiter le nombre de mandats à deux au maximum, et accepter le départ à l’expiration de leur(s) mandat(s) ou en cas de perte dans les élections. Tripatouiller la constitution pour briguer un mandat est une œuvre de politicards. C’est une tricherie et tout le monde le sait.
Certains chefs d’Etat ont des projets qu’ils ont entamés. N’ont-ils rien dans la tête ? Où confondent-ils le pays à une entreprise familiale ? A Dieu ne plaise ! Dois-je leur enseigner la notion de continuité dans les affaires de l’Etat ? Ou ai-je besoin de leur dire que le pays ne manque pas d’hommes ou de femmes capables de diriger, mieux qu’eux ? Il n’y a point de surhomme en politique, l’une des règles de ce métier = savoir quitter les « choses » avant que les « choses » ne vous quittent.
Aujourd’hui, les élections présidentielles sont hypothéquées par des esprits rebelles au changement. Et les « chiens enragés » manifestent leur rage…
Au regard de la multitude des candidats, on ignore lequel apportera un changement véritable, tous ayant de nobles idéaux. Mais le pays ayant besoin de sortir de la crise, chaque candidat malheureux, s’il aime réellement son pays, doit apporter sa pierre pour le reconstruire. Et ce, en reconnaissant l’élu, en le soutenant autant que ce peut. Que le meilleur gagne !