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Publié le 8 décembre 2009

"Proliferation des armes légères au Burkina Faso"

Selon les statistiques, environ 640 millions d’armes légères circulent à travers le monde, dont 59% appartiennent à des particuliers, 38% à des forces armées gouvernementales, 2,8% à des particuliers et 0,2 à des groupes armés. Des armes qui causent à en croire des chiffres qui datent de 2006, 1000 personnes chaque jour.

Au Burkina Faso, il est encore difficile d’appréhender les chiffres exacts pour mesurer l’ampleur de la situation. Mais toujours est-il que la prolifération des armes légères dans le pays favorise et augmente l’insécurité des populations, avec la recrudescence du grand banditisme, notamment à travers les attaques de tout genres. L’enquête nationale sur la prolifération des armes légères a permis de recenser 277 attaques à mains armées en 2008 avec plus de 99 millions de FCFA emportés. 11 réseaux ont été démantelés avec leurs butins dans la même période.

Les causes d’une telle situation préoccupantes se situent à plusieurs niveaux. D’abord la situation géographique du Burkina Faso lui est grandement préjudiciable, du fait que le pays est entouré d’anciens foyers de tensions (Sierra Leone, Libéria, Guinée-Bissau) ou d’autres foyers encore actifs tels que la Côte d’Ivoire. A cela s’ajoute la porosité des frontières qui ne permet pas un contrôle efficace des entrées d’armes légères. En guise d’exemple, le Burkina Faso compte à lui seul une vingtaine d’entrées frontalières. Et paradoxalement, le territoire national est difficilement couvert par des services de police et de gendarmerie.

En plus de ces causes quelques peu exogènes, il faut noter au sein des Burkinabè même le développement d’un certain sentiment d’insécurité. Devant une sorte d’incapacité de d’Etat d’assurer la sécurité pour tous les citoyens, beaucoup se sont sentis obligés de se procurer une arme pour sa propre protection. Ensuite on note la méconnaissance de texte qui régissent l’achat, la détention et le port des armes au Burkina Faso. A cela la gestion approximative sous certain régime, notamment d’exception, des stocks des forces de défense et de sécurité.

Pour faire face à la situation qui est de plus en plus préoccupante, l’accent doit être mis sur la sensibilisation des différents acteurs. Au niveau par exemple des ministères de la Défense et de la Sécurité, la rigueur dans les sorties et les utilisations des armes ont été encore plus renforcées. Au-delà de cette action, il faut une législation plus forte et un suivi plus assidu dans les fabrications artisanales d’armes légères. Cela permettra une certains traçabilité de leurs produits, pour amoindrir quelque peu les conséquences.

Il faut également un contrôle plus renforcé des frontières terrestres pour éviter les trafics d’armes d’un pays à un autre.