L’Assemblée générale du Réseau d’initiatives de journalistes se tiendra le 28 janvier 2017, à partir de 9 heures au Centre national de presse Norbert Zongo

Accueil > Activités > Sorties de production > Des journalistes intimidés par d’éléphants

Publié le 22 juillet 2009

Des journalistes intimidés par d’éléphants

Celui qui a vu le lion et celui qui l’a entendu rugir n’ont pas la même façon de courir, entend-t-on dire souvent. Cela n’est pas tout à fait faux surtout quand on a été de la partie des journalistes et communicateurs qui ont rendu visite pas à des lions mais à une famille d’éléphants du ranch de gibier de Nazinga.

Une des grandes motivations de cette sortie sur Pô a été sans doute la curiosité de découvrir ou de redécouvrir les éléphants dans leur environnement. De ce point de vue, l’attente fut entièrement comblée. Sur une aire de 91300 hectares avec 2,6 éléphants au km², on était bien au pays de Mame-Gnèye-l’éléphant. La balade dans le mini car n’a pas démentit les statistiques que le directeur général du ranch, Lamoussa Hébié, nous a communiquées plus tôt.

Le soleil dépassait légèrement le zénith quand nous quittions le campement d’accueil pour la zone de chasse, armés d’appareil de photographie. Après un quart d’heure environs de chemin, l’équipe rencontra les premiers éléphants. Ils sont fascinants. Le car s’immobilisa mais on n’eut pas suffisamment le temps pour de les « capturer » assez qu’ils s’empressèrent de prendre de la distance en passant loin derrière le car. Encore un peu de chemin puis un nouveau couple. Celui là a un petit. On se rappelle les mises en garde du directeur, ils (les éléphants) sont sur la défensive quand ils sont avec leurs petits. La sérénité avec laquelle le couple protégea son rejeton (il l’encadra entre le male et la femelle) avant d’avancer résolument dans sa trajectoire initiale, en direction du car, ne rassurait pas les occupants du véhicule sur l’intention de ces bêtes. Alors que l’on commençait à s’interroger sur les humeurs de ces animaux, la tension montait à l’intérieur du car. La peur ? Un éléphant solidaire vint convaincre l’équipe de ce que ces animaux sont réellement à craindre. Cette bête visiblement plus âgée que les premières et avec des défenses écorchées avait bien l’intension de toucher le véhicule. L’atmosphère de peur monta d’un cran dans le véhicule. Les occupants de derrières qui se voyaient séparés de l’animal seulement par la vitre donnèrent de la voix. On entonna infiniment « allons, allons, allons … ». Un journaliste demanda à descendre pour poser avec l’animal. On écouta à peine cette plaisanterie malvenue. Certains jugèrent que c’est une stratégie pour dissimuler la peur. L’animal aurait été attiré par le flash des appareils photos malgré la lumière du jour. Le chauffeur donna un coup d’accélérateur mais l’échappée fut vite freinée puisque que le car fonçait droit dans un autre troupeau d’éléphants. Que faut-il faire surtout quand le guide n’est pas rassurant ? Nobila Rouamba, puisqu’il s’agit de lui, s’était trompé sur les humeurs des éléphants quand il disait aux journalistes de faire leurs photos sans crainte parce que les éléphants se montreront sages tant que personne ne descend du car et tant que le moteur restera en marche. Ce fut un mauvais jugement. Pris en sandwich, il n’y avait plus milles choix d’éviter les éléphants. Le chauffeur, Joseph Sawadogo opta, il ne fallait pas trop réfléchir, de prendre la brousse. A ce moment précis, le spectacle changea de camp. Si c’est pour se marrer, Il fallait plutôt observer les comportements et écouter les propos dans le car que de regarder les animaux. Pendant près de 30 minutes et sur quelques cinq km de brousse, le chauffeur devait éviter arbustes et éléphants. Heureusement ou malheureusement, il n’était plus le seul maître de son volant. Il y’eu autant de guides que de passager dans le car. On demandait bruyamment et à la fois que le chauffeur aille à droite, à gauche, de l’avant ou qu’il s’immobilise. Ceux qui gardaient un peu de leur sang froid préféraient psalmodier intérieurement quelques versets coraniques ou invoquer « le Père, le Fils et le Saint-Esprit ».

Finalement, on retrouva le chemin dans un hasard heureux et c’est en toute vitesse que le convoi regagna le campement d’accueil avant que la curiosité ne se transforme en cauchemar. Y’en avait assez des éléphants. « On veut voir des écureuils maintenant » lançait quelqu’un.
Après cette folle balade, la tournée s’est poursuivie au Ghana où l’équipe a été toucher du doigt les difficultés de la traversée des frontières de la sous région. Après quelques explications, avec la police de migration du Ghana, on eût l’autorisa de traverser la frontière juste le temps de goûter à un met ou une boisson ghanéenne parce que la frontière se ferme à 18H30, heure après laquelle un véhicule ne peut rentrer au Ghana ni en sortir. Après 1H de temps environs passée à Paga (au Ghana), le car repris le chemin de Ouagadougou à partir de 19h et quart pour près de 4H de route. Arrivé devant le siège du DED à Ouaga et avant de se séparer, le Comité de pilotage du RIJ a dit sa satisfaction quant au déroulement de la sortie. Il a ensuite, par la voix de Koffi Amètépé, donné rendez-vous aux participants à Assemblée générale du RIJ qui se tiendra le samedi 1er août 2009.