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Publié le 11 juin 2009

Une sortie détente et offre de formation à Kaya

L’équipe de voyageurs avait à son programme la visite de quelques stations de radio et télé, des échanges avec les journalistes locaux, des échanges avec des artistes musiciens locaux, une visite au gouvernorat du Centre Nord et à la mairie de la commune de Kaya, un tour au marché avant le retour à Ouagadougou dans l’après-midi. Finalement, en raison de l’indisponibilité de certains partenaires contactés sur place, le programme se concentre sur les radios locales et leurs besoins en formation.

Cap sur les radios de Kaya

Le PDG de radio Manegda qui est le premier à recevoir les membres du RIJ à leur entrée à Kaya est pressé. Il travaille sur le chantier de réinstallation de sa radio-télé dont le mât a été endommagé quelques jours plutôt. Aussi suggère-t-il à la délégation de faire le tour des radios avec son directeur de radio Manegda.

Radio Manegda est une radio communautaire qui propose des programmes essentiellement en langue nationale mooré, langue du terroir. Ses installations sont modestes et les visiteurs ne mettent pas du temps à les parcourir. Idem pour la toute nouvelle télé du Sanmatenga, STV ou Sanmatenga TV. A côté donc du besoin de renforcement des capacités matérielles des deux entités, les membres du RIJ évoquent les besoins en formation. Un journaliste à quelques mois de la retraite et exerçant à Kaya fera d’ailleurs remarquer plus tard que les radios de Kaya ont un besoin urgent en personnel et en formation.

Kaya fm, émet à quelques mètres de la première citée. Elle est une radio commerciale dont les locaux offrent plus de commodités et d’espaces. Mais, apparemment elle a le même besoin en formation. Un besoin valable aussi pour la radio Horizon fm Kaya, une des dix antennes régionales de « la première radio libre d’Afrique ». Comme conséquence de cette situation, les programmes d’informations de ces médias sont limités, Ils se contentent alors des échanges de programmes avec d’autres radios installées à Ouagadougou ou internationales. Aussi, le Comité de pilotage du RIJ leur a proposé des formations en journalisme pour les aider à concevoir des programmes d’informations plus proches des besoins de leurs auditeurs.

Des artistes locaux laissés à eux-mêmes

Etre artiste musicien à Kaya, c’est être un artiste musicien de seconde zone. C’est ce qui ressort des discussions des membres du RIJ avec deux artistes modernes Santi et Dem Soul rencontrés au centre d’écoute pour jeunes de Kaya. Ils expliquent que quelques artistes seulement, spécialisés dans la musique traditionnelle bénéficient de quelques contrats venant généralement de Ouagadougou. « Exemple : quand le chef de l’Etat est passé il y a cinq jours à Kaya, nous n’avons pas eu le privilège de nous produire » a argumenté Santi qui a produit son unique album avec un prêt remboursable sur deux ans.

Pour Dem Soul, artiste en herbe, lauréat d’un concours de musique pour jeunes, la situation est pire puisque lui n’a pas de salaire. Devant les journalistes qui leur donnaient l’occasion d’exprimer leur mécontentement, les deux artistes ont dénoncé le copinage, les intérêts égoïstes et la malhonnêteté de certaines personnes proches des autorités administratives locales, souvent promotrices elles-mêmes de troupes de musique ou de danse.

Quoi qu’il en soit, les membres du RIJ ont déconseillé l’exode vers Ouagadougou, option de plus en plus envisagée par ces laissés-pour-compte artistiques.

Le retour à Ouaga

Les voyageurs d’une journée ont eu droit à de petites détentes autour des feux des fameuses brochettes de Kaya d’une part et au maquis du musée où la lenteur du service (conforme à la nonchalance de la province) a permis de causer de tout et de rien pendant près de trois heures d’autre part. Le retour s’est fait conformément au programme après un petit tour de marchandages dans les commerces de Kaya pleins de produits de cuir, recommandables pour les cadeaux de la pentecôte le lendemain.